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Le chéneau, l’ouvrage le plus cher à ignorer
Sur les maisons mitoyennes de la métropole, l’eau de pluie ne tombe presque jamais dans le vide. Elle est reçue par un canal de zinc encaissé dans la maçonnerie, entre deux versants ou en pied de toit, puis conduite le long de la façade. Ce canal s’appelle un chéneau. Il est invisible depuis la rue, il est fabriqué sur mesure, et c’est lui qui décide si l’eau part dans la gouttière ou dans le mur.
Quand il lâche, le signal n’est pas une goutte au sol : c’est une auréole au plafond de l’étage, ou une trace le long d’un mur mitoyen que le voisin remarque parfois avant vous. Le propriétaire pense alors « toiture à refaire » et se prépare à une facture à cinq chiffres. Dans beaucoup de cas, il a un ouvrage de zinguerie à reprendre, soit quelques mètres linéaires, une soudure, parfois une pièce entière refaite à plat. L’ordre de grandeur n’a rien à voir, et c’est la première raison de nommer correctement le problème.
Une pièce de zinguerie ne s’achète pas au mètre en magasin. Elle se fabrique à plat, aux cotes relevées sur place, puis elle monte. C’est pourquoi son prix se compte au mètre linéaire posé, et pourquoi ce prix intègre autant de main-d’œuvre que de matière.
Les prix relevés, et un désaccord d’un facteur deux
Il faut redire ici ce qui vaut pour tout prix de couverture : il n’existe aucun barème public en France. Les chiffres ci-dessous viennent d’estimateurs professionnels du secteur, relevés le 5 août 2026, et ils ne s’accordent pas.
Sur le zinc, l’écart reste raisonnable. Prix-travaux-m2 donne 42 à 85 € le mètre linéaire pour une gouttière ou un chéneau en zinc, main-d’œuvre incluse, hors taxes. abctravaux donne 35 à 60 € le mètre linéaire, toutes taxes comprises et posé. Les deux fourchettes se chevauchent largement, et la différence hors taxes contre toutes taxes comprises suffit presque à l’expliquer.
Sur les autres métaux, le désaccord devient franc. Pour le PVC, abctravaux retient 15 à 30 € le mètre linéaire posé, Prix-travaux-m2 retient 36 à 70 €. Pour l’aluminium, abctravaux retient 30 à 55 €, Prix-travaux-m2 retient 75 à 100 €. C’est un facteur deux, et il ne s’explique ni par la TVA ni par une erreur de lecture. Il vient très probablement de ce que chaque source met dans la pose : accessoires, crochets, naissances, raccords et dépose de l’ancien ouvrage. Une troisième source, Dolum, traite la zinguerie comme un poste secondaire d’un chantier de couverture et l’estime à 10 à 30 € le mètre linéaire, ce qui n’est pas comparable à un remplacement isolé.
Face à ce genre de contradiction, la seule attitude honnête est de donner la fourchette large et de dire d’où elle vient. Resserrer en moyennant, ce serait fabriquer une précision qui n’existe pas.
| Ouvrage | Fourchette observée | Source et précision |
|---|---|---|
| Chéneau ou gouttière en zinc | 42 à 85 € / ml | Prix-travaux-m2, HT, main-d’œuvre incluse |
| Gouttière en zinc | 35 à 60 € / ml | abctravaux, TTC, posée |
| Gouttière en PVC | 15 à 70 € / ml | les deux sources divergent d’un facteur deux |
| Gouttière en aluminium | 30 à 100 € / ml | les deux sources divergent d’un facteur deux |
| Gouttière en cuivre | 70 à 245 € / ml | de abctravaux à Prix-travaux-m2 |
| Descente en zinc | 10 à 20 € / ml | abctravaux, fourniture seule, pose non comprise |
| Solin, selon le matériau | 15 à 70 € / ml | Habitatpresto, TTC, fourniture et pose |
| Solin de cheminée complet | 110 à 310 € | Habitatpresto, TTC, l’ouvrage entier |
Réparer une soudure ou remplacer le tronçon : le calcul sur dix ans
Le vrai arbitrage n’est pas technique, il est arithmétique. Une soudure ouverte sur quelques centimètres se reprend au fer et à l’étain, sans dépose. Une agrafure qui a joué se referme. Ces interventions sont courtes. Le problème, c’est qu’une intervention courte paye quand même son accès : mise en sécurité, échelle de toit ou échafaudage, déplacement. Sur un chantier de quelques dizaines de minutes, l’accès représente l’essentiel de la facture.
D’où la règle pratique : une réparation ponctuelle a du sens tant qu’elle est ponctuelle. Dès qu’elle se répète, le calcul bascule. Trois reprises espacées de deux ans coûtent trois installations de chantier pour un ouvrage qui continue de se dégrader. Le remplacement du tronçon, chiffré une fois, devient moins cher à l’échelle de dix ans.
Un cas ne se répare pas du tout : la tôle percée par la corrosion sur toute une longueur. Une pièce ajoutée par-dessus ne stoppe pas la corrosion en dessous, et l’intervention est à refaire deux hivers plus tard. Un troisième cas, fréquent sur maison mitoyenne, ne relève ni de l’un ni de l’autre : la pièce est saine mais sous-dimensionnée pour ce qu’elle reçoit. Le chéneau déborde alors aux fortes pluies, toujours au même endroit, sans qu’aucune fuite n’existe. Reprendre l’étanchéité ne changerait rien : c’est le développé de la pièce et le nombre de descentes qu’il faut revoir.
Ces trois situations se distinguent en regardant l’état du fond de la pièce, pas sa face visible depuis le sol. C’est la raison pour laquelle aucun chiffrage sérieux ne se donne au téléphone.
Ce qui fait vraiment varier le mètre linéaire
Deux chéneaux de même longueur peuvent se chiffrer très différemment. Quatre variables expliquent l’essentiel de l’écart.
- Le développé : ce n’est pas la longueur, c’est la largeur de tôle à plat nécessaire pour obtenir la pièce une fois pliée. Un chéneau large et profond consomme beaucoup plus de matière et de temps de pliage qu’un profil étroit, à longueur égale.
- Le nombre de joints : chaque raccord entre deux tronçons est une soudure, donc du temps et un point de contrôle. Une pièce en trois morceaux ne coûte pas le triple d’une pièce d’un seul tenant, mais elle coûte plus.
- L’état du support : le fond d’un chéneau repose sur un support de bois. S’il a pris l’eau pendant des années, il se reprend avant la pose, et cela ne se découvre qu’une fois la pièce déposée. C’est le poste des avenants.
- Le métal : du zinc au cuivre, le mètre linéaire passe du simple au triple. Le cuivre est relevé entre 70 et 120 € le mètre par abctravaux et entre 120 et 245 € par Prix-travaux-m2, autre divergence à connaître avant d’arbitrer.
Un cinquième facteur ne se chiffre pas : la dilatation. Le zinc s’allonge quand il chauffe. Une pièce soudée d’un bout à l’autre sans joint qui coulisse finit par se fendre en son milieu, à l’endroit le plus difficile à reprendre. Un chéneau bien fait comporte donc des ruptures voulues. Ce détail est invisible à la réception et c’est pourtant lui qui décide de la durée de l’ouvrage, dans un métal dont la durée de vie observée va de 50 à 100 ans.
Les lignes voisines du devis : solins et descentes
Un chéneau se remplace rarement seul. Deux postes l’accompagnent presque toujours, et il vaut mieux les voir arriver.
Le solin d’abord, c’est-à-dire le raccord entre la couverture et un mur ou une souche. Habitatpresto le chiffre par matériau, toutes taxes comprises et au mètre linéaire, fourniture et pose comprises : PVC 15 à 30 €, zinc 40 à 50 €, mortier 40 à 60 €, aluminium 50 à 70 €, plomb 60 à 70 €. Un solin de cheminée complet est chiffré 110 à 310 € TTC.
Les descentes ensuite. abctravaux ne chiffre que la fourniture : 10 à 20 € le mètre linéaire pour une descente en zinc, 7 à 15 € en aluminium, main-d’œuvre non comprise. Ce détail a son importance quand on compare un devis à un prix catalogue : la pose peut représenter plus que la pièce.
Enfin la fiscalité. Sur un logement achevé depuis plus de deux ans, la zinguerie relève de la TVA à 10 % au titre de l’entretien et de l’amélioration. Depuis le 1er mars 2025, l’attestation séparée a disparu : une mention du client sur le devis ou la facture suffit, et les justificatifs se conservent jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant l’achèvement.
Questions fréquentes
Non, et c’est même souvent l’inverse. Un débordement qui ne se produit qu’aux fortes pluies, toujours au même endroit, pointe vers une évacuation saturée ou une pièce sous-dimensionnée pour ce qu’elle reçoit, pas vers un percement. Une infiltration présente y compris par temps de bruine pointe au contraire vers un joint ouvert ou une tôle corrodée. Regarder d’abord la descente et le volume reçu évite de payer une reprise d’étanchéité qui ne changera rien.
Parce que les sources n’englobent pas la même chose. Sur le PVC, une source retient 15 à 30 € le mètre linéaire posé, une autre 36 à 70 € : un facteur deux. La TVA n’explique pas cet écart. Ce qui l’explique, c’est ce que chacune compte dans la pose, à savoir les crochets, les naissances, les raccords et la dépose de l’ancien ouvrage. C’est la raison pour laquelle nous donnons la fourchette large plutôt qu’une moyenne. Chantier chiffré après visite.
Le dégorgement des conduits d’évacuation des eaux pluviales, ce qui recouvre les gouttières, les chéneaux et les descentes, figure à la liste réglementaire des réparations locatives, pour les parties extérieures dont le locataire a l’usage exclusif. Il est donc à sa charge. Le remplacement de l’ouvrage lui-même, en revanche, n’est pas une réparation locative : il reste au propriétaire. En copropriété, la toiture est partie commune sauf stipulation contraire du règlement, qui se lit.
Ce que cette page ne remplace pas
Il n’existe aucun barème public des prix de couverture en France : les ordres de grandeur donnés ici viennent d’estimateurs professionnels du secteur, relevés à une date précise, et ils se contredisent parfois. Deux maisons de même surface se chiffrent différemment selon la pente, l’accès, l’état du support et la région. Chantier chiffré après visite.
