Ce que ce bâti impose à une couverture
À Croix, des toitures inscrites depuis 1951
Croix est fortement contrainte sans même relever d’un site patrimonial remarquable : près de 63 % du territoire relève de la servitude des monuments historiques, engendrée par la villa Cavrois, l’église Saint-Martin et le château de la Fontaine, dont les toitures sont elles-mêmes inscrites depuis 1951. Ce dernier point est rare : l’objet protégé n’est pas seulement une façade ou une silhouette, c’est le couvert. Sur une commune où deux adresses sur trois sont dans un périmètre, la couverture se retrouve au centre de l’instruction.
La conséquence tient en deux gestes. Dès qu’une intervention modifie l’aspect extérieur, matériau différent ou teinte différente, elle relève de la déclaration préalable, la toiture figurant explicitement parmi les modifications visées. Et dans un périmètre, l’instruction passe d’un mois à deux, avec avis de l’Architecte des Bâtiments de France. Le dossier gagne donc à nommer le matériau retenu et sa teinte plutôt qu’à les laisser se découvrir au chantier. Une rénovation strictement à l’identique n’est pas une modification d’aspect.
Le bâti explique cette densité de protection. Croix a grandi au XIXe siècle dans le sillage de Roubaix et de Tourcoing, autour du peignage de laines d’Isaac Holden, et son parc va des châteaux d’industriels des années 1878 et 1880 à la villa Cavrois de 1932, œuvre de Robert Mallet-Stevens. Sur ces demeures, la couverture n’est ni anecdotique ni petite : grandes surfaces, ardoise et zinc, versants multiples, lucarnes. L’arbitrage de matériau y pèse donc plus qu’ailleurs sur la facture.