Ce que ce bâti impose à une couverture
Un parc bâti reconstruit en une décennie
Détruite à quatre-vingt-dix pour cent au sortir de la Grande Guerre, Armentières a été relevée dans les années 1920 et 1930 par des entrepreneurs comme Maurice Debosque, dépositaire de la méthode du béton armé Hennebique, à qui de nombreuses maisons de la ville doivent leur existence. Le point qui intéresse une toiture est là : les couvertures n’ont pas été posées au fil des décennies, comme dans une commune étendue par couches, mais sur une période courte, avec les matériaux et les techniques de ce moment précis.
La conséquence se lit rue par rue. Les durées de vie observées, en conditions normales de pose et d’entretien, vont de 50 à 100 ans pour une tuile en terre cuite, de 75 à 150 ans pour une ardoise naturelle, de 30 à 50 ans pour une tuile béton. Une couverture d’origine se situe donc dans la fourchette, pas forcément à son terme : l’âge ne dit rien seul. Une pose approximative ou un entretien absent peuvent retirer 30 à 50 % à ces durées.
Le zonage, lui, concerne une adresse sur deux ou presque. Environ 41 % du territoire relève de la servitude de protection des monuments historiques, engendrée par le lycée Eiffel, l’hôtel de ville de Louis-Marie Cordonnier, l’ancienne école de natation avec les bains et lavoirs publics, l’ancien magasin Mahieu et la brasserie Motte-Cordonnier. Sur ces périmètres, une intervention qui modifie l’aspect extérieur s’instruit en deux mois au lieu d’un, avec avis de l’Architecte des Bâtiments de France. La vérification se fait à la parcelle, jamais au quartier.