Ce que ce bâti impose à une couverture
Une ville qui a choisi son matériau de couverture deux fois
Après l’incendie de 1681, le Magistrat de Bailleul allouait une prime à ceux qui couvraient leur maison en ardoise ou en tuile plutôt qu’en chaume et bâtissaient en dur ; la ville, rasée en 1918, a ensuite été relevée tout entière dans le style néo-flamand. Le parc bâti découle donc de deux décisions collectives et non d’une accumulation lente : un matériau arbitré au XVIIe siècle, puis une reconstruction d’un seul tenant. Peu de communes offrent une lecture aussi nette de leurs toitures.
L’homogénéité a des conséquences directes. Le style néo-flamand multiplie les pignons, donc les rives contre mur et les raccords en tête de pignon, ouvrages de zinc et non de couverture. L’ardoise et la tuile dominent, avec des durées observées de 75 à 150 ans pour l’ardoise naturelle et de 50 à 100 ans pour la tuile en terre cuite, en pose et entretien corrects. Celles de la reconstruction ne sont donc pas mécaniquement au bout : une négligence sur ces deux points leur retire 30 à 50 %.
Le zonage est le plus léger du secteur. Environ 4,5 % du territoire est compris dans la servitude de protection des monuments historiques, autour de l’hôtel de ville et de son beffroi, de l’ancien Présidial des Flandres, du monument aux morts et de la motte féodale d’Outtersteene. Le centre est concerné, les quartiers périphériques ne le sont pas. Pour l’immense majorité des adresses, une modification de l’aspect extérieur relève d’une déclaration préalable ordinaire, instruite en un mois. À l’identique, il n’y a rien à déclarer.