Ce que ce bâti impose à une couverture
Du manoir de 1573 aux briques de la fin du XIXe
La plus ancienne bâtisse d’Halluin est la Cense Manoir, ferme de 1573 ; la ville s’est ensuite étoffée avec l’arrivée massive d’ouvriers flamands dans la seconde moitié du XIXe siècle, puis avec des édifices Art-déco comme l’église Notre-Dame-des-Fièvres de 1928-1931. Deux logiques de couverture cohabitent donc : des volumes agricoles isolés, à grands versants dégagés, et un tissu ouvrier mitoyen, aux pentes fortes et aux parcelles étroites, bâti d’un seul mouvement et couvert avec les mêmes matériaux.
Sur le tissu mitoyen, le désordre se déclare presque toujours aux mêmes points. L’eau n’y tombe pas dans le vide : elle est reprise par un canal en pied de versant, conduite le long de la façade, et un chéneau qui lâche l’envoie dans le mur, souvent mitoyen. Le solin de souche vient ensuite, parce qu’il travaille au rythme des dilatations, et le climat du Nord lui en donne beaucoup. Enfin, après un coup de vent, le vrai risque n’est pas là où il manque des éléments : ce sont les voisins désolidarisés.
La réglementation, elle, laisse la main. Environ 6,5 % du territoire d’Halluin est compris dans la servitude de protection des monuments historiques, engendrée par le moulin Hollebeke et la maison du meunier, inscrits en 1989 ; aucun site patrimonial remarquable n’est recensé sur la commune. Sur plus de neuf dixièmes des adresses, une modification de l’aspect extérieur relève donc d’une déclaration préalable ordinaire, instruite en un mois, sans avis de l’Architecte des Bâtiments de France. À l’identique, cette formalité disparaît.