Ce que ce bâti impose à une couverture
Ce qui se voit d’en haut compte autant que ce qui se voit d’en bas
Le site patrimonial remarquable de Tourcoing couvre environ 68 % du territoire et la servitude de protection des monuments historiques environ 59 %, portée par l’église Saint-Christophe, l’hôtel de ville, la gare et l’ancien tissage Louis Lepoutre. Un point mérite d’être compris : la protection ne s’arrête pas à la façade sur rue. Ce qui entre dans le champ, c’est ce qui est visible depuis l’espace public et depuis les abords du monument, y compris par les percées et les points hauts. Un versant que l’on croit caché ne l’est pas toujours.
Pour une couverture, cela déplace le travail de préparation. Le dossier de déclaration préalable gagne à décrire le matériau et la teinte des deux versants, pas seulement de celui qui donne sur la rue, et à situer la parcelle par rapport au monument qui engendre le périmètre. L’instruction est d’un mois, portée à deux en site patrimonial remarquable ou aux abords d’un monument historique, avec avis de l’Architecte des Bâtiments de France. Une rénovation strictement à l’identique reste hors de ce champ.
Le tissu bâti rend cette question quotidienne. Rue de Lille subsistent des demeures industrielles de la première moitié du XIXe siècle associant résidence et commerce côté rue et ateliers côté cour, avant les hôtels particuliers éclectiques de la fin du siècle et les immeubles Art-déco en brique et céramique. Deux corps de bâtiment, donc deux couvertures d’âges et d’états différents sur une même adresse, reliées par des noues, des chéneaux et des raccords contre mur. C’est presque toujours là, aux jonctions, que l’eau se déclare.